21 juin 2007
LEUR DIVORCE ET APRES...
Mes parents ont divorcé...Je crois qu'on ne m'a rien dit, rien expliqué jusqu'au jour ou j'ai su que je devais aller vivre chez ma mère.
Ma mère : partie pour un homme de 6 ans son cadet, célibataire, sans enfant. Un beau gosse ! Ah ça oui, mais un beau gamin vêtu d'un costume de connard taillé sur mesure. Wilfrid ! Vous imaginez...il faut déjà en tenir une bonne pour s'appeler Wilfrid.
Juin 1979 : leur mariage. Wilfrid fait en sorte que ma tante me prenne en charge le jour J. Pour la peine, on va autoriser ma mère a dépensé quelques sous pour moi ....On m'envoie chez le coiffeur afin que je n'assiste pas à la cérémonie. Lorsqu'à la mairie certains demanderont "mais où est Sophie ?" il répondra : "je me marie avec une femme, pas avec une mère !"
Et c'était parti pour un tour ! Ca durera deux ans. J'ai alors 8ans et demi. Lorsque je veux prendre un yaourght au chocolat (une viennois de chambourcy, je m'en souviens!) dans le frigo, ma mère dira : 'Ah non, ceux là, c'est pour Wilfrid ! Toi, tu as le droit aux natures !". Comment une enfant de 8 ans peut elle comprendre cela ?
Lorsque le soir, je demande un câlin, la réponse dit la même chose , même si elle n'est pas formulée de la même façon. A 8 ans, je passe mes mecredis seule dans un appartement en plein milieu d'une ZUP Lyonnaise. Je sors seule pour aller à la danse, je me fais à manger seule, je vie seule. Je me souviens du temps passé à appeler ma grand-mère en pleurs pendant des heures, à lui demander comment allumer le feu, comment faire à manger. Mes bouffées d'oxygène, je les prends en allant un w end sur deux chez mon père et ma belle-mère. Un soir, papa me ramenera en retard. Nous serons acceuillis par les gendarmes et il recevra plus tard un courrier du juge stipulant que je dois être déposé systèmatiquement et obligatoirement à 19h.
A partir de là, le tableau se noircit encore ! Mon père me ramène donc les dimanches soirs à 19h précise mais lorsque nous arrivons, ma mère et Wilfrid ne sont pas là. Il me dépose en me demandant d'attendre devant l'allée "Ta mère sait que tu vas être là à 19h, elle ne va pas tarder". Mais ma mère partait en w end, et il m'est arrivée de rester seule sur ce parking au milieu d'une ZUp jusqu'à plus de minuit. Je me rappelle de mes peurs. Lorsque la nuit tombait, si l'allée n'avait pas été ouverte, je me dirigeais au centre duparking. Il y avait un escalier qui permettait d'accèder aux garages. Je restais dans l'escalier, passant mon temps à rappuyer sur le bouton de la lumière doté d'une minuterie. Ne pas être dans le noir !!!
Si la porte de l'allée s'ouvrait au passage de l'un des voisins, je rentrais et attendais à l'intérieur. Lorsqu'un autre voisin sortait, je faisais semblant d'être descendue pour amener les poubelles au vide ordures pour ne pas que le fait d'etre seule à une heure tardive pose des problèmes à ma mère. C'est très tôt que je l'ai protégé !
Un an plus tard, naitra de l'union de ma mère et le connard Priscillia, dite Priscou, de 10 ans ma cadette. Et devinez qui jouera le rôle de mère pour elle ? A 9 ans, je donnais le biberon, langeait, surveillait Priscou...Aujourd'hui, c'est une jeune femme de 27ans, qui n'a pas grandit avec le même sentiment d'abandon que moi. . . et si j'ai pu au moins lui éviter cela, c'est déjà beaucoup !
Ce scénario durera jusqu'à mes 11ans, période à laquelle un juge autorisera ma garde par mon père. Wilfrid avait gagné.
20 juin 2007
Thérapie profonde : souvenirs d'enfance
Voilà j'ajoute enfin la catégorie par laquelle j'aurais du tout commencer ! Il est temps que je parle de la base de tout, de ce qui me rend incompétente dans ma vie amoureuse, ce qui me donne le sentiment de l'être. Je vais parler de moi, de mon enfance, de cette construction de l'adulte que je suis aujourd'hui et de celle que je ne suis pas.
Je ne serais pas "structurée" en me racontant ici, mais je crois que je dois lâcher en vrac ce qui me vient, comme je le fais devant mes toiles...Lâcher pour ne plus le laisser pourrir à l'intérieur.
Le dernier truc que j'ai appris sur mon enfance, c'était il y a peu. On me racontait qu'à la maternité, ma mère refusait de s'occuper de moi et que c'est ma tante ( celle que j'aime le moins en plus!) qui venait prendre sa place. Il en fut de même au retour à la maison parait il ! Bien évidemment, je ne me souviens pas de cela. Ma mémoire d'enfance commence au divorce de mes parents, j'avais alors 8ans. Avant cela, je sais ce que l'on m'a raconté, je sais quelques photos (peut être 10 photos de mes 8 premières années), je sais des souvenirs avec mon grand-père mais rien d'autre. Une sorte de bug émotionnel. Ma belle-mère, Bernadette, (seconde femme de mon père) m' a expliqué un jour, alors que je cherchais à comprendre pourquoi je n'avais aucun souvenir, que j'avais été confrontée à une scène de violence entre mon père et ma mère. Un jour ou ma mère rentrait encore de l'une de ses virées à priori. Mon père fou de rage prit un couteau. Ma mère, m'attrapa et me mit devant elle, comme un bouclier (ce qui correspond assez bien à toute mon histoire avec elle), et se mit à crier : " Vas y, tues là ! c'est pas moi qui aurait de la peine !"
Je ne sais si l'anecdote est vraie ou pas. Je sais qu'en traversant différentes périodes douleureuses, on a tendance à réinventer l'histoire (pas forcément volontairement) pour la rendre supportable à notre mémoire. Je ne sais pas d'où ma belle-mère la tient....On me l'a raconté, voilà tout !
Les souvenirs d'avant le divorce :
- jamais de moment avec ma mère et mon père réunis!
- je me souviens des vacances en Espagne avec mes grands parents, d'aucune vacance avec mes parents.
- Je me souviens des matchs de l'OL avec mon père , moi lui demandant alors que je criait "allez l'OL ! Allez l'OL !". Papa, ils ont un maillot de quelle couleur l'OL ? Dans le même contexte, souvenir de mon père me disant en rieur "appelles moi tonton!".
- Souvenirs de mon grand-père : seule source d'amour ! mon grand-père et notre amour des roses, mon grand-père et la pêche, les ballades pour ramasser les escargots, mon grand-père qui n'aura jamais dit de mal de ma mère et qui aura vu en moi l'enfant que j'étais.
- Souvenirs de ma grand-mère : ma grand-mère qui savait certes me nourrir, me remplir mais d'aliments seulement. Pour le reste, c'était parlant de ma mère "cette garce d'Anne-Marie", "cette salope", "cette incapable" et plus tard à moi : "tu es bien la fille de ta mère !!!". Voilà comment on grandit en pensant que l'on est une garce, une salope, une infidèle, une ...une.......
- Souvenirs de ma mère : affalée sur le canapé mangeant des réglisses (seule nourriture qu'elle m'ait donné avec les pâtes et le jambon purée), souvenirs du cinéma pour voir le dernier Walt Disney à la mode, Souvenir de la place des Marroniers à Caluire ou il y avait la vogue (fête forraine en langage de gones), les marrons chauds mais ou je n'étais pas autorisée à faire du manège.. Aucun souvenir de câlins, de protection , de mots tendres, d'amour reçu
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